Vendredi Merci Playlist #46

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CLIP DE LA SEMAINE : YELLE – COMPLETEMENT FOU

JEUDI O.K. Ouverture 25 Septembre @ Social Club

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Plus la peine d’attendre le WE. Le 25 septembre ouvre une longue série de fêtes hebdomadaires.

Au programme de se nouveau rendez vous : performances par Crisis, happenings, artistes live, dj’s et collectifs queers pour défendre ce perpétuel mouvement qui nous pousse à plus de joie encore.

Un espace de liberté, de fraicheur de créativité et d’inattendu.

Un lieu transformé ouvert de tous côtés où la seule règle est qu’il n’y en a pas. Une cour des miracles en plein coeur de Paris.

Un pop up de coiffure et relooking par Charlie le Mindu.

Pour la première notre Maman Amanda Lepore nous fait l’honneur de se produire en live.

Elle sera accompagné de vos serviteurs Dactylo et Pepi Della Fresca, François Sagat et La Fée.

 

Vendredi Merci Playlist #45

B

Faut Jouer le Jeu par Vincent Simon

Faut jouer le jeu

Aimer la vie

Toutes les cocottes connaissent Esmé Planchon, la jeune fille capable de dire à toute vitesse des poèmes d’Apollinaire aux environs de 3 heures du matin, entre deux DJ sets. Sachez, cocottes, qu’Esmé vient de publier Faut jouer le jeu, un roman pour les adolescent-e-s – mais ne sommes-nous pas toutes encore un peu, ou beaucoup, des adolescent-e-s – qui lui ressemble comme deux gouttes de menthe à l’eau !

Ça se passe l’année du baccalauréat, année d’angoisse existentielle pour Solange qui se préoccupe peu de réussir ou rater son bac mais qui est bien incapable de se projeter dans l’avenir comme le voudraient l’éducation nationale, les statistiques sur la vie sexuelle des jeunes – le pouvoir, quoi ! Ça commence lors d’une fin de soirée, sans doute un petit matin parisien, comme dans une chanson de Jacques Brel. Solange s’ennuie ferme et, comme Alice dans son jardin, elle vient de poser son livre et part à l’aventure dans un territoire qu’elle espère plus joyeux, les couloirs de l’appartement. Quand elle pousse la porte de la cuisine, elle passe de l’autre côté du miroir, puisqu’elle y trouve Armand et Gabriel qui inventent des histoires avec des légumes (suivant le principe cher à Marguerite Duras : la littérature et la cuisine c’est la même chose). Autour d’une salade d’asperges, haricots mange-tout, zestes d’orange et amandes effilées débute l’aventure de Solange, une jeune fille du genre à faire les choses à l’envers, d’Armand, un jeune homme du genre « on ne sait pas quel genre », et de son petit frère Gabriel qui, avec ses cheveux teints en orange et ses vêtements aux couleurs improbables, est plutôt du genre Arlequin, le sage bouffon. Les deux frères initient Solange à « entrez dans la fiction », un jeu qui consiste à inventer des histoires qui bouleversent l’ordre des choses afin de transformer la réalité, la rendre moins ennuyeuse et plus vivable. Les fictions inventées par les trois héros du roman sont comme les champignons magiques d’Alice, ce sont des champignons littéraires. Ce n’est pas un hasard si tout commence dans une cuisine : il faut apprendre à manger les livres pour pouvoir les vivre, se laisser contaminer par eux et inventer de nouvelles façons de respirer, bouger son corps et son esprit.

Une fois qu’elle s’est fait de nouveaux amis et que dans sa vie il n’y a plus de différences entre la vie quotidienne au lycée, les cours et les déjeuners à la cantine, les comédies musicales et le Voyage en Orient de Gérard de Nerval, Solange dit qu’elle veut que tous les moments de l’existence soient importants. Elle refuse les hiérarchies sociales toutes faites qui mettent la réussite de ses études au-dessus de celle de ses histoires d’amour ou de l’apprentissage des dialogues « en-chanté » des films de Jacques Demy. C’est un bon résumé de ce à quoi nous invite ce livre : prendre la liberté d’inventer sa vie, c’est-à-dire son mode de vie et ses valeurs. Solange et Armand partagent une passion pour la Commune de Paris – quand le peuple de Paris s’empara du pouvoir en 1871 et instaura pendant un mois le règne de la liberté, de l’égalité et de la justice sociale. Poésie et révolution marchent main dans la main : il vaut mieux être plusieurs pour inventer sa vie. C’est ce qu’expérimentent les jeunes héros d’Esmé Planchon qui s’élancent dans l’existence en ne se résignant pas au supposé sens unique de l’histoire.

Si vous n’êtes toujours pas convaincus qu’il est absolument indispensable de lire ce livre, sachez enfin que Faut jouer le jeu c’est un peu comme Foucault, Deleuze-Guattari, Hocquenghem et les situationnistes condensé dans un roman léger à destination des lycéens : un plaidoyer pour l’invention d’usages du langage, des images, des corps, des façons de vivre le désir, l’amour, la mort, la culture, le travail, parlé, dansé et chanté comme sur une musique de Michel Legrand.

Remarque : à lire en buvant du thé vert.

Esmé Planchon, Faut jouer le jeu, Ed. : L’école des loisirs, 14 €

Vendredi Merci Playlist #44

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Vendredi Merci Playlist #43

 

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Clip de la semaine : Chahine Icöne – Ghost

Vendredi Merci Playlist #42

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CLIP DE LA SEMAINE : Bell Towers – Love Chain Reaction